Jean Bénard Imprimer
Écrit par Wilhiam Zitte   
Jeudi, 26 Juin 2008 16:09
L’œuvre de Jean Bénard est difficile à appréhender. Elle évolue en plusieurs périodes:

- La première, heureuse, illustre les paysages de La Réunion. Il s’imprègne du bon goût généralisé et expose avec l’U.D.A.R. dans les années 80.

- Dans une seconde période, il abandonne l’agriculture : "Ça, c’était pour vivre. Mon truc à moi, ç’est le pinceau… Je ne cherche pas ma peinture, c’est elle qui vient et m’appelle ; je suis dans l’obligation d’obéir…c’est comme un envoûtement”…  Il entreprend une “peinture de délire” : des lignes déstructurantes, des compositions qui s’éloignent du cubisme originel. Des dessins au crayon précèdent toujours les réalisations à l’huile sur toile. Des sujets religieux et des évocations de guerres, de drames illustrent des phases de crises et de douleurs…

A la suite de l’incendie du bâtiment dans lequel était entreposé bon nombre de ses œuvres, sa peinture s’éloigne radicalement de la forme figurative. Les couleurs achèvent de perturber les réseaux complexes de lignes qui sous-tendent la lisibilité des titres : portrait, nu, nature morte, bouquet. La couleur bleue donne encore l’indication formelle. Les autres teintes (rouge, vert, violet, orange principalement) s’associent dans les surfaces quadrillées déformées.

Jean Bénard trouve une raison positive de vivre dans la peinture. Celle-ci exorcise ses angoisses traumatiques permanentes, lui permet de combler la solitude physique et sociale dans laquelle cet artiste du silence est “enfermé” depuis de nombreuses années.

 

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Mis à jour ( Vendredi, 06 Mars 2009 04:51 )